Interviews stop motion

Interview de Bruno Collet

J’ai déjà évoqué sa série télévisée “R.I.P“, son film-hommage à Bruce Lee “Le Petit Dragon“ou encore sa toute nouvelle série “Petits joueurs“, toutes produites par Vivement Lundi. Bruno Collet, sculpteur de formation, se forge une expérience de réalisation professionnelle depuis 2001. Interview.

Bonjour Bruno, peux-tu résumer ton parcours et ton métier actuel ?

Bruno Collet, réalisateurC’est à la fin des années 90 que Laurent Gorgiard (réal. de « L’Homme aux bras ballants ») me contacte pour fabriquer des prototypes en pâte à modeler.
Je connaissais Laurent depuis les Beaux-Arts et je pense qu’il appréciait mon travail de sculpteur. C’est à cette occasion que je découvre le monde de l’animation. Séduit par cet univers, je deviens rapidement décorateur, puis scénariste.
C’est en 2001 que je décide de passer à la réalisation. À peine terminé, mon premier court-métrage « Le Dos au Mur » se retrouve en sélection à la Semaine de la Critique à Cannes. C’est cette date qui marque vraiment, pour moi, mes débuts comme réalisateur. Les films se sont ensuite enchaînés au rythme d’un tous les deux ans. Tournages entrecoupés par des projets de petites séries.

Qu’est-ce qui t’a séduit dans le stop-motion ?

Le dos au mur de Bruno ColletMon intérêt pour le cinéma a toujours existé. Alors quand s’est offert à moi, la possibilité de faire des films, je me suis imaginé suivre l’exemple de George Pal, Jean-Pierre Jeunet ou Tim Burton. C’est-à-dire faire mes armes grâce à l’animation, puis ensuite passer à la fiction.
Le succès de mes courts métrages a quelque peu changé la donne. Je ne pensais pas que cette technique, souvent cantonnée au jeune public, puisse avoir une telle force émotionnelle. Ce mariage d’intérêt, c’est alors transformé en véritable mariage d’amour dont je ne conçois pas, pour l’instant, la fin.

Comment est née l’idée de la série R.I.P ? Raconte un peu cette aventure, tes sources d’inspiration.

Robert MitchumEn 2004, je viens de terminer « Calypso is like so », hommage rendu à Robert Mitchum à travers une marionnette à l’effigie de l’acteur. Mon producteur, JF Le Corre (Prod. Vivement Lundi) a la très bonne idée d’envoyer le film à Turner Classic Movie, chaîne américaine spécialisée dans le cinéma de genre. TCM, intéressé par le court-métrage sur Mitchum, cherche d’autres réalisations, en stop motion, ayant pour sujet : « le cinéma de genre ».
Comme par hasard, je venais de terminer un pilote de « R.I.P ». Projet qui me tenait à cœur et qui avait du mal à trouver un financement en Europe.
King-KongDe façon inespérée, la chaîne américaine, séduite par le pilote, me commande alors une mini série de 13 épisodes. 13 épisodes qui rendent hommage au cinéma américain de SF, d’horreur et d’action des années 50, 60.
Cette série reste pour moi un très bon souvenir. Grâce à elle, j’ai pu réaliser certains de mes fantasmes de réalisateur en parodiant King-Kong, Dracula ou la Momie.

Comment sont généralement fabriqués tes personnages ?

Les marionnettes sont construites selon différentes techniques et le choix de leur fabrication découle de l’animation et du temps de tournage.
Pour R.I.P, il me fallait un tueur (il y en avait quatre au total qui tournaient simultanément sur différents plateaux) qui soit solide et endurant. Mon choix s’est donc tout naturellement porté sur la fabrication d’une marionnette avec une structure à rotules recouverte de mousse de latex. Cette technique a pour avantage d’avoir des personnages avec un squelette réglable (dans la dureté des articulations), et facilement réparable en cas de casse.
Petit dragon - Bruce LeeLa deuxième proposition qui m’est offerte est de fabriquer des marionnettes avec une structure en fil d’aluminium recuit et de la recouvrir d’une enveloppe de mousse de latex ou de silicone. L’avantage de cette solution est qu’elle est beaucoup moins onéreuse que la structure à rotule et qu’elle offre une souplesse et une plus grande liberté dans l’animation du personnage. C’est la raison pour laquelle j’ai utilisé cette technique pour « Le Petit Dragon ».
Le problème de ce procédé est qu’il est fragile et que la rupture du squelette équivaut le plus souvent a changer complètement de marionnette. Sept Bruce Lee ont donc été nécessaire pour boucler le film.

Ton plus beau souvenir de tournage ?

R.I.PR.I.P, par l’intensité du tournage (quatre plateaux) et les délais de livraison très courts, reste dans ma mémoire comme un moment intense, propice à la créativité.

Le film dont tu es le plus fier ?

Il est pour moi impossible de choisir. Tous mes courts sont très différents. Je leur trouve, à chacun, des qualités bien spécifiques et autant de défauts.

Peux-tu parler de ton prochain projet en stop-motion ?

Petits joueursJe suis en train de réaliser un dessin animé sur la guerre d’Indochine, mais pour la stop motion, il faut attendre la rentrée.
En septembre débute une petite série (26 x 2minutes), tout public, intitulé « Petits Joueurs ». L’action se déroule dans un parc londonien où des jouets, oubliés sur la pelouse, s’amusent à parodier les épreuves sportives des Jeux Olympiques. Passage TV prévu été 2012 sur France 3.

Pour en savoir plus : Vivement Lundi

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